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Chorégraphie Richard Nadal Avec Sarah Latour Sylvain Huc Simon Nemeth
Musique Tchaïkovsky Vidéo Dominique Réquillard Lumières, Régie Pierre Masselot Lydie Carras |
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Depuis plus de
cent ans, le Lac des
Cygnes de Tchaikovsky a été l'étalon de mesure de la beauté, et
c’est sûrement à ce titre que de nombreux chorégraphes continuent
de livrer de multiples versions de cette œuvre. A travers elle, chacun
tente à son tour de définir ses propres critères de beauté. De mon côté, après
avoir confronté la danse à d’autres disciplines artistiques, j’ai
eu envie de mettre les pieds dans le plat, d’arrêter de tourner
autour du pot : Mon « Lac des Cygnes » ne sera qu’un
prétexte pour exprimer ma vision de la danse, du danseur, du spectacle,
d’affirmer des choix esthétiques et artistiques. Pas d’hommage,
donc. Pas de ballet, pas de livret, exit le Prince Siegfried et la
Princesse Odette… On ne gardera que la musique de Tchaikovsky. Pour mettre en évidence le contraste entre cette plainte romantique aussi éculée qu’une chanson de Lara Fabian, et une imagerie urbaine, violente, dégradée, une danse brutale, plus proche de la « rave-party » que du ballet académique… Trois danseurs.
Trois personnages qui semblent arriver du coin de la rue, qui pourraient
« faire la manche » auprès des spectateurs. Ils ne sont pas
beaux, pas rassurants, ils semblent ivres… Impossible, dans ces
conditions, de réaliser des pirouettes, ou de quelconques virtuosités. Volontiers
vulgaires, grossiers, et irrespectueux, ils sont à l’opposé du
raffinement, de l’élégance et de la grâce que pouvait attendre le
public bourgeois du dix-neuvième siècle. Richard Nadal
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Muriel Berthier, Déléguée musique et danse (Mission départementale de la culture de l’Aveyron) |
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"Surprenante
mais bienvenue, la chorégraphie de Richard Nadal donne une lecture
assez juste de la musique Tchaïkovsky qui mêle drame et
grandiloquence. Utilisant avec finesse les arts visuels, ce LAC des
CYGNES sublimé par 3 interprètes de talent, est d’une grande poésie
contemporaine ... salutaire." Bruno
Houlès, |
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Tchaïkowsky
disait lui-même, alors qu’il écrivait son opéra Eugène Onéguine:
« Il me faut des êtres vivants, non des poupées ; je
prendrais de bon cœur tout livret, même dépourvu d’effets puissants
et saisissants, qui mettrait en scène des êtres vivants comme moi, des
êtres qui éprouvent des émotions que j’ai éprouvées moi-même et
que je puisse comprendre… Je ne sais rien de ce que pouvait ressentir
une princesse égyptienne, un pharaon, ou un fou nubien ; je n’y
entends rien !»
De
la même façon, aujourd’hui, nous ne savons rien des Princes,
Princesses et autres volatiles qui attiraient le public bourgeois dans
les théâtres, et les « poupées » dont il parle pourraient
bien être, aujourd’hui, les ballerines en tutu. En réinterprétant
les mêmes thèmes dans un contexte contemporain, nous sommes peut-être
plus fidèles aux désirs de Piotr Illitch…
L’homosexualité qu’il ne pouvait vivre au grand jour, la mort de sa mère, la peur du monde extérieur, l’apparence, la transformation, la cruauté des rapports humains, l’alcoolisme, toutes ces angoisses dont il a tiré cette histoire fantastique et onirique, nous en tirons une autre histoire. Mais finalement, les émotions de nos personnages, même très contemporains, restent les mêmes, et à ce titre, peuvent trouver un écho dans cette musique. Et si notre « cygne-mère » à nous meurt d’une overdose, si l’athlétisme et la virtuosité des danseurs classiques est remplacée par la lourdeur de corps fatigués, c’est pour mieux faire naître le paradoxe entre l’éclat poétique et la noirceur désespérée de cette œuvre.Richard
Nadal
Richard
Nadal
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DIVERGENCES MET LE FEU AU LAC Dire que le spectacle offert par la Compagnie Divergences, laquelle, en l'occurrence, porte bien son nom, décoiffe, c'est faire preuve d'euphémisme. Il atomise les canons d'un classique de la danse qu'est "Le Lac des Cygnes", de Tchaïkovsky. En effet, le chorégraphe Richard Nadal s'est permis toutes les audaces pour, au-delà de l'hommage, magnifier les pulsions homosexuelles contrariées du compositeur. Car, en effet, en lieu et place des tutus et justaucorps immaculés convenus débarquent trois personnages patibulaires en tee-shirts et rangers, visiblement éméchés ou en plein trip, sans oublier le décor de poubelles bourrées jusqu'à la gueule et de cannettes de bière en quantité. Les danseurs se mettent en mouvement autant pour une bagarre de rue qu'un improbable ballet. Dans cette atmosphère de cour des miracles, les titubations répondent à la fougue, la sensualité violente à la précarité assumée. Ca déborde d'énergie et de fureur alors que la musique, entre majestueuse et sautillante, s'écoule immuablement, soutenue par des images vidéo en split-screen, qui ajoutent une touche de dérision à ce climat presque schizophrène. L'animalité des corps est exacerbée, la nudité devient ultime langage et transcende l'humanité de ces spectres hagards. Et, au final, les plumes qui tombent dans ce qui est devenu une décharge publique renforcent le caractère incandescent des relations qui se sont nouées entre chaque interprète. C'est incroyable d'audace et vraiment une réussite dans le genre punk flamboyant. Ce spectcale singulier est à découvrir ou à revoir à Villefranche-de-Rouergue, jeudi 7 décembre, à 21 heures, au théâtre municipal. J.J. La Dépêche du Midi - 6 décembre 2006 |
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« Le Lac des Cygnes » a été créé dans le cadre d'une résidence initiée par la Mission Départementale de la Culture de l'Aveyron, en partenariat avec la MJC de Rodez et les Espaces Culturels Villefranchois. |
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Avec le soutien de la Municipalité des Arques, de la Ville de Tournefeuille, de l'Estive / Scène Nationale de Foix, du Conseil général du Lot, de la Région Midi-Pyrénées, de la Direction Régionale des Affaires Culturelles de Midi-Pyrénées, et de l'ADAMI Photographies : Nelly Blaya Captures d'écran vidéo: Dominique Réquillard Représentation à Dionysos Cahors (Photographies de Jean-Paul Denis)
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